Archipel Editions

Chronique de « La Boulangère du Diable » de Hubert Huertas

Titre La Boulangère du Diable 

Auteur Hubert Huertas

Editeur : Les éditions de l’Archipel

Genre : polar

Collection : suspense

Format : Papier, 240 pages – 19 €, numérique – 14,99 €

Sortie : le 12 juin 2019

Résumé 

1906, juste après le vote de la loi sur la laïcité. Dans le Haut-Bocage vendéen, un boulanger républicain est maudit par le curé de son village. Son crime ? Avoir hébergé dans sa grange, par un froid polaire, des soldats venus faire l’inventaire des biens de l’Église. Plus personne n’achètera son pain. Il en mourra et sa compagne s’enfuira en Algérie.Cent ans plus tard, son arrière-petite-fille, elle-même victime de la fureur islamiste en Algérie, arrive dans le même village pour reprendre la boulangerie. Des rumeurs l’accompagnent aussitôt, parce qu’elle est algérienne et que le village, derrière son maire, est très à cheval sur la laïcité. Mais elle n’est pas venue là par hasard. Depuis son enfance, sa grand-mère, qu’elle adorait, lui a parlé d’une histoire qui a marqué sa famille. Une famille vendéenne chassée de sa région natale au début du siècle, et dont l’arrière-grand-mère s’est réfugiée aux colonies .Jour après jour, avec l’aide d’un jeune clerc de notaire qui exhume des documents, la jeune femme replonge dans l’histoire tragique de son aïeul, que l’extrémisme catholique a conduit au suicide. Elle va lui rendre justice…

À partir d’une histoire vraie, Hubert Huertas nous offre un roman à suspense, à la fois hymne à la vie et réquisitoire contre tous les fanatismes.

Mon avis

Construit à partir d’une histoire vraie, ce roman nous fait vivre deux périodes de notre histoire. Tout d’abord, en 1905, la France promulgue la loi sur la laïcité reposant sur deux principes : la liberté de conscience et la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Une loi qui ne fait pas l’unanimité… En 1906, dans un petit village de Vendée, Henri le boulanger est maudit par le curé du village pour avoir hébergé des soldats. Les habitants, très croyants, se laissent manipuler par le curé et le comte du village et plus personne n’achète le pain d’Henri. Celui-ci se bat mais finit par se suicider laissant sa compagne, enceinte. Celle-ci fuit ce village et part pour l’Algérie. Cent ans plus tard, Nadia se réfugie, à son tour, dans ce même village chez son cousin Jacques, après l’assassinat de sa mère à Alger. Son cousin lui demande de ne révéler à personne qui elle est, ni leur lien de parenté, ni l’histoire de leur famille. Nadia veut comprendre ce qui est arrivé cent ans plus tôt et va découvrir, grâce à Jacques et à un jeune clerc de notaire, une histoire bien différente que celle racontée par sa grand-mère. Mais Nadia dérange… 

Dans ce roman, Hubert Huertas traite de différents sujets : secrets de famille, fanatisme religieux, loi du silence, traditions ancrées… Même si cent ans se sont passés entre les deux événements, on peut constater que certaines choses ne changent pas vraiment notamment concernant la religion ou les difficultés d’évolution dans certains lieux. Il aborde le fanatisme religieux sans faire de distinction entre l’islamisme ou le catholicisme, toute religion a ses excès. On alterne entre passé et présente, entre l’histoire du boulanger et l’histoire de Nadia. La jeune femme cherche à connaitre la vérité sur son histoire, son cousin Jacques lui raconte tout ce qu’il sait. Ces révélations sont assez longues, comme un secret bien gardé, une histoire qu’on chuchote au coin du feu quand les autres dorment. Le rythme est lent, le suspense est présent, on attend à chaque instant que le cousin lâche des informations supplémentaires, que le clerc de notaire trouve des secrets cachés. On sent qu’il y a des manipulations dans la bonne société du village. Les habitants vivent avec le poids de leur silence, de ces histoires de famille. L’enquête que mène Nadia dérange, pousse les hautes sphères à vouloir l’exiler mais elle tient bon. Les personnages sont intéressants, décrits en détail en adéquation avec leur époque, on rencontre Clémenceau, Camus. J’ai particulièrement apprécié, en dehors de Nadia, le cousin Jacques, un homme intègre, bon. On sent sa réticence à remuer le passé mais il souhaite rétablir aussi la vérité, il se sent redevable également envers Nadia. Certains passages sont, cependant, un peu long, la lenteur des révélations peut agacer parfois même si on peut l’interpréter comme la façon de penser des Vendéens, tel que l’explique le cousin, on parle lentement. L’auteur écrit d’une plume fluide, utilise un vocabulaire élaboré, des références historiques intéressantes, une analyse sur le fanatisme intéressante et sans concession.  On va de rebondissements en rebondissements jusqu’à la conclusion. 

Un roman que je recommande vivement pour son écriture, pour l’histoire qu’il renferme : le combat d’un boulanger pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat il y a 100 ans, le combat contre les fanatiques islamistes de sa descendance au début du XIXème siècle, un combat pour un secret de famille qui a détruit une famille. 

Citation

« Toujours la guerre de religion, en pire. A propos de la loi de 1905, que l’on adore aujourd’hui autant qu’on l’a haïe cent ans plus tôt, les masques ont changé d’acteur mais pas le texte. Mettez « islam » à la place de « chrétienté »et la violence des répliques vous rappellera les oraisons d’antan, à la virgule et au mot près, chargées de haine et d’envie d’en découdre. »

L’auteur

Né à Tunis en 1950, ancien grand reporter pour France Inter et France Info, Hubert Huertas a dirigé le service politique de France Culture jusqu’en 2014. Il continue de collaborer à Mediapart. Il est l’auteur de cinq romans parus aux Presses de la Cité, de Nous jouerons quand même ensemble (2000) à Terminus Pondichéry (2006) et La petite fille qui venait d’Alger (2011), souvent inspirés de ses racines méditerranéennes.

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