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Chronique de « Des rêves infinis » de Karen Thompson Walker

TitreDes rêves infinis

Auteur : Karen Thompson Walker

Editeur : J.C Lattès

Genre : littérature étrangère

Format : Papier, 380 pages – 21,90 €, numérique – 15,99 €

Sortie : le 9 mai 2019

Résumé 

Dans la petite ville universitaire de Santa Lora, en Californie du Sud, une maladie mystérieuse plonge les habitants dans un sommeil persistant. C’est d’abord Mei, jeune étudiante d’origine chinoise, qui découvre sa colocataire Kara en état de sommeil profond, qu’elle fait évacuer à l’hôpital. C’est ensuite au tour de Libby et Sarah, deux jeunes sœurs dont la mère est morte peu après leur naissance, de voir leur père frappé du même mal. Puis ce sera Rebecca, atteinte par la maladie – alors qu’elle porte en elle un fœtus qui va se développer pendant toute la durée de l’épidémie – qui dort sans discontinuer depuis cinq jours. Toute la ville est exposée. L’hôpital n’a plus de lits disponibles, la bibliothèque est réquisitionnée, des tentes sont installées sur les pelouses. Le lieu est mis en quarantaine, des soldats armés barrent l’entrée et la sortie de la ville. Si bien que Ben et Annie, un couple d’enseignants, venus de Brooklyn avec leur nouveau-né ne parviennent pas à s’échapper et vont être frappés à leur tour.
Quand ils se réveillent, nombre d’entre eux se rappellent de leurs rêves, qu’ils croient prémonitoires. Mais peu à peu, comme dans le cas de Ben, on s’aperçoit que ce sont des souvenirs entremêlés de rêves. Et ces rêves, qui faisaient papillonner de façon énigmatique les paupières des dormeurs, sont peut-être des portes ouvertes sur des univers parallèles.
Avec justesse et sensibilité, l’auteur entraîne ses lecteurs vers des rêves infinis.

Mon avis

Je tiens tout d’abord à remercier Netgalley, les éditions J.C Lattès et bien sûr Karen Thompson Walker. Tout au long de ce mois, dans le cadre du challenge #NetGalleyFrance, je suis partie à la découverte de nouveaux auteurs, de maisons d’édition avec lesquelles je ne travaille pas forcément habituellement. J’ai tout de suite été interpellée par la couverture que j’ai trouvé envoûtante, pleine de mystères et la quatrième de couverture m’a donné envie de me plonger dans cette histoire plutôt étonnante. 

On se trouve dans une petite ville universitaire de Californie, Santa Lora, une ville où il fait bon vivre, calme et agréable. La rentrée universitaire a eu lieu depuis peu et chacun prend ses marques, des soirées s’organisent, les gens apprennent à se connaître. Mais, une étudiante s’endort profondément et ne se réveille pas. On l’évacue à l’hôpital. Petit à petit, le mal se propage, des étudiants du même étage s’endorment également. On les met alors en quarantaine. Mais sans explications, la maladie du sommeil, comme on l’a appelé s’étend petit à petit à la ville entière et les cas se multiplient. Des adultes, des vieillards, des enfants sont retrouvés endormis. On manque de place, l’armée intervient. Chacun doit s’isoler, se méfier des autres pour ne pas tomber malade. Pourtant, il faut aider les dormeurs, ils ont besoin d’être nourris et hydratés pour ne pas mourir. Les scientifiques ne comprennent pas d’où peut venir ce virus, le pays a peur et en même est curieux et se pose des questions. On lance de fausses rumeurs, serait-ce une supercherie ? Une jeune fille Rebecca, s’est endormie sans savoir qu’elle est enceinte, Ben et Annie tentent de protéger leur bébé de la maladie mais vont-ils y parvenir, Nathaniel, professeur de biologie, s’inquiète surtout pour Henry, l’homme qu’il aime qui est en maison de repos. Mei et Matthew, deux étudiants se battent pour aider le plus grand nombre. Combien de temps va durer ce virus, d’où vient-il ? Comment soigner ces malades ? Tout ce qu’on sait, c’est que tous ces dormeurs rêvent. Quand certains vont commencer à se réveiller, ils vont expliquer qu’ils ont vu le futur, qu’ils savent ce qui va se passer mais est-ce réel ? 

Ce que l’on peut dire de ce roman c’est qu’il ne laisse pas indifférent ! Quand j’ai commencé ma lecture, j’ai craint de m’ennuyer, on ne peut pas dire qu’il soit rempli d’action. Mais, je me suis laissée emporter par l’histoire, par le mystère de ce virus. On a envie de comprendre, le cas de ces habitants est loin d’être commun. La plume de l’auteur est fluide, agréable, elle utilise un vocabulaire plutôt soutenu et fait référence, à de nombreuses reprises, à des références de la littérature qui ont pu aborder le sujet des rêves. On s’attache aussi à certains personnages. Le virus atteint plus d’un millier de personnes mais au milieu de tout ce monde, on a quelques protagonistes qui m’ont touchée : Ben, l’époux d’Annie essaye de reconstruire son couple, apprend à être père car, si pour une femme c’est quelque chose d’inné ce n’est pas forcément le cas des papas. Il montre sa sensibilité, son amour pour son épouse, et après la maladie on sent encore plus sa détresse. Mei, la jeune étudiante chinoise, a trouvé la première malade. C’est une jeune fille très réservée qui n’a pas d’amis, est solitaire mais on la voit se libérer tout au long du roman, prenant des décisions, avançant pour aider son prochain. Matthew, son ami, est plus énergique, il montre une certaine maturité et en même temps de l’inconscience. Il fait des choix difficiles mais intelligents pour un garçon de son âge, quitte à en souffrir.

On se perd parfois entre les rêves et la réalité de certains, l’auteur entremêle les deux selon les moments. J’ai ressenti de la joie lors des premiers réveils, de la colère face à certaines réactions relevant de la bêtise humaine, de la tristesse face à certains événements. Ce roman nous donne un panel d’émotions assez large. Ce livre remue beaucoup. La fin pourtant manque d’explications à mon sens : que deviennent tous ces gens ensuite ? Ou que vont-ils devenir ? Beaucoup de questions se posent, élargissant le champ des possibles, mais, comme tous phénomènes irrationnels, il semble en effet compliqué de donner des raisons. 

En conclusion, un très bon roman, bien écrit, qui m’a beaucoup touchée malgré le manque d’action qui rend l’ensemble un peu trop linéaire malgré tout. 

Citations 

« Santa Lora est victime d’une force ni vivante ni morte : un virus. Jusqu’ici inconnu. Et ce micro-organisme ne nage pas dans l’eau de ce lac qui s’évapore. Il voyage comme la rougeole, la variole et la grippe… par les airs. »

« On dit qu’à l’époque de la reine Victoria, les gens redoutaient d’être enterrés vivants. Eh bien, l’inverse se produit à Santa Lora – Certains gisant morts sur leur lit de camp sont pris pour des vivants.« 

L’auteur

Karen Thomson Walker vit à Portland, aux États-Unis. Son premier roman, L’Âge des Miracles (Presses de la Cité et 10/18), best-seller mondial, a été traduit en vingt-sept langues.

Pour suivre l’auteur 

Facebook : https://www.facebook.com/karen.thompsonwalker

Instagram : https://www.instagram.com/karenthompsonwalker/

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